Essai détaillé Porsche 991.2 GTS et Boxster 718 S le 17-08-2017

Voici mon compte-rendu de la journée d’essais Porsche dont je vous parlais hier… Attention, accrochez-vous: émotion et surprises!

Arrivé peu avant 9h30 ce matin au Centre Porsche Tenerife, je suis aussitôt accueilli par l’équipe: Miguel le patron, Jaime le pilote, Carlos le commercial (le seul que je connaisse), l’hôtesse… Petit papier à signer, copie d’usage des papiers d’identité et je peux me recharger en calories au buffet matinal pour préparer la jolie balade qui nous attend.

Les 5 autres pilotes arrivent. Je reconnais Alberto, avec qui j’avais roulé au Teide avec son Cayman 987.1 et mon Boxster 981.1 GTS en 2015. Nous allons partir en groupe avec 5 voitures: le meneur (Jaime) en Panamera S et 4 voitures pour nous, les clients: Panamera S, Macan S, Boxster 718 S et 991 GTS Cabrio.

Briefing sympa avec les présentations des personnes, des voitures, de la route prévue (dans les 180 km, quand même!), des consignes… Nous avons un talkie par voiture. Chaque client est seul à bord (sauf Alberto, venu avec un ami). Jaime me glisse à l’oreille: « on ne va pas rouler très fort. » Bon…mais je verrai plus tard qu’il blaguait. Ordre des voitures: Jaime, la 911, le 718 puis les « bateaux » (dont l’un est Diesel!).

Entre-temps, j’ai déjà installée ma GoPro à l’intérieur du pare-brise de la 911 et réglé les commandes. 🙂

Inutile de dire que le temps est au beau fixe, nous sommes à Tenerife en plein moi d’Août! La journée s’annonce chaude avec 30-37°C selon les endroits.

Les voitures sont dans le show room. Il est temps de s’installer à bord et de démarrer le flat 6, le flat 4, le V6 et autres V8… Emotion!

 

PORSCHE 991.2 GTS Cabriolet

Dans la 911, je retrouve évidemment mes marques dès les premières secondes: j’ai vendu ma dernière Porsche PDK voici seulement 8 mois. Un peu de ville pour sortir sur l’autoroute – la 911 est docile et polyvalente, c’est connu – et nous voici en file indienne à 100-110 km/h. A cet instant, je me dis que la journée risque d’être frustrante, si je ne peux pas rouler à mon rythme en montagne. 🙁

Nous délaissons l’autoroute pour nous diriger vers ma route « de référence » (ça tombe bien): la montée Arafo « Los Loros ». Je suis juste derrière le « moniteur » (Jaime) et après le dernier village, quelle n’est pas ma surprise de le voir accélérer et prendre un rythme endiablé, sur cette montée de col superbe! Ah!?? Ah! Ahhh! Vite: mode Sport, bouton PDCC (barre antiroulis actives, si je ne me trompe), PDK manuel bien sûr, je rentre plusieurs rapports et j’enquille derrière Jaime, le couteau entre les dents et le sourire jusqu’aux oreilles. 🙂 🙂

La chance du jeudi matin 11h: personne sur la route. Vous n’allez peut-être pas me croire, mais si, nous avons fait toute la montée en mode grosse arsouille, soit dans les 18 km de montagne sur une des plus belles routes des Canaries. Nous avons dû doubler 2 voitures et en croiser 2 ou 3 (sur cette portion de 18 km), pas plus. Jaime travaille plus dur que moi avec la Panamera 4S, que j’entends ruer, crisser, accélérer. Il prend carrément le caniveau à l’intérieur des virages. J’avoue que je suis bouche bée et très heureux car je pensais qu’on allait monter à un train de sénateur.

Avec la 991.2 GTS (450 ch à 6.500 tr/mn, 3L biturbo sans géométrie variable, moteur en porte à faux arrière) (991 phase 2), je le suis sans problème et ça tombe bien, le rythme est parfait pour moi. Je ne suis pas aussi « à la limite » que Jaime mais je profite pleinement de la 911, dans la zone de sportivité que j’adore: rapide, précis, fort, mais pas « à l’agonie ».

Arf, le plaisir est grand! Je roule décapoté, PSE ON, c’est une 2 roues motrices mais avec la largeur du train arrière de la 4 roues motrices, par la magie du « GTS ». La suspension sport -20mm PASM et le PDCC la rendent incroyablement efficace et jouissive à l’attaque. Quel plaisir, que d’envoyer toute la puissance en 2e et de sentir le train arrière transmettre ça au sol avec brio! La montée se fait en jonglant entre les seconds et 3e rapports. Imaginez la vivacité du moteur sur ces rapports courts…

Mais le plus surprenant est le châssis, fabuleux. On oublie l’histoire du moteur en porte à faux arrière. Il suffit juste de bien freiner dans les règles à l’entrée des virages afin d’appliquer du poids sur l’avant. Ce point est de plus en plus important si on roule fort. Quel châssis! On oublie roulis, poids, ruades et autres problèmes. Et c’est pourtant un cabriolet dérivé d’un coupé. On pilote, on s’ouvre aux sensations et c’est tout!

J’en profite pour vous « supplier » de ne pas prendre la version 4 roues motrices, sauf si vous avez de la neige par chez vous et que vous souhaitez utiliser la 911 tous les jours. La 2 roues motrices est tellement plus agréable, plus naturelle, plus authentique! Le système 4×4 Porsche qui transmet la puissance aux roues Avant en cas de besoin a en effet l’inconvénient de dénaturer la motricité de la 911. Par exemple, on arrive fort dans un virage, on remet la puissance et « paf! », le système reporte une partie de la puissance sur les roues Avant; puis en sortie de virage, retour à 0% de puissance à l’avant, etc. Ce constant changement de traction des roues Avant dérange le pilote amateur de finesse et précision. J’avais noté cela en essayant (longuement) une 991.1 4S en 2012 et aujourd’hui, Alberto m’a étonné en disant spontanément exactement la même chose sur la 991 4 roues motrices, avant-même que je ne lui en parle.

Revenons à nos moutons…
Evidemment le moteur (de la 991.2 GTS) est sympa, avec ces 450ch, on s’y attendait. C’est moins surprenant (que le châssis). Les turbo-compresseurs sont bien là et se font sentir: pêche et bonne poussée mais aussi turbo-lag, bruit plus soft (mais sympa) et léger manque de brio après 6.800 tr/mn. Gaz coupés durant 10-15 sec en descente, la remise des gaz à 2.500 tr/mn s’accompagne d’un lag de 1 à 3 secondes. Plus étonnant, le moteur n’a pas énormément de couple à moyen régime (en 4e à 2.500 ou 3.000 tr/mn…). Je crois qu’on tient là une grande différence d’avec la « vraie » 991 Turbo (Phase 1 et 2), qui – elle – pousse plus fort dès 2.500 tr/mn, fortement « gavée » par ses turbos à géométrie variable.

Le SON de l’échappement sport PSE est sympa et émet aussi quelques pétarades à la décélération mais le volume et registre sonore n’ont rien à voir avec feu la 991.1 atmo. C’est à présent bien plus discret, la faute aux normes plus qu’aux turbos. Personnellement, cela cette relative discrétion ne me déplait pas car j’en ai terminé avec mon époque « gros bruit » et cela pousse moins au crime. 🙂

Les freins (classiques en acier) mordent bien (plus que ceux du Boxster du jour, mais c’est peut-être dû à l’usure).

La direction est précise et renvoie toutes les infos nécessaires au pilote, qui sent bien où il en est avec l’auto (adhérence, stress des pneus…). Le volant sport est multifonctions et la molette pour les modes de conduite est pratique. Le « push to pass » est un petit gadget rigolo.

La motricité est excellente mais le couple permet de glisser un peu si on le souhaite. C’est valorisant. 🙂

Bien sûr, position de conduite et commandes sont parfaites.

La PDK a (encore!) été bonifiée. Mais où cela s’arrêtera?! Plus du tout de lag entre le « clic palette » et le passage du rapport. Je crois aussi qu’ils ont enfin supprimé l’accoup en mode Sport Plus au passage des rapports à haut régime. Le levier est enfin dans le bon sens (mais qui l’utilise, en fait?). Par rapport au premières PDK (2008-2014), les palettes sont légèrement redessinées et le « clic » est plus précis, avec moins de débattement.

Toute la voiture sens bon la précision, la maturité, fruit de nombreuses années de retouches, perfectionnements, améliorations.

Enfin, je suis toujours à quelques mètres de Jaime, dans un train d’enfer. Nous avons perdu les autres. Pas grave: il n’y a qu’une route. 🙂

Le copilote de Jaime nous commente la route en temps réel pour réduire les risques: « Voiture en sens contraire », « 2 vélos devant », « Attention, petite moto très lente », « Bus en sens contraire » ou au contraire « Voie libre pour doubler, pas de véhicule en face », etc. Un super travail qui permet une bonne sportivité au volant avec aucun risque pour les autres usager de la route.

Petite pause sans couper les moteurs pour regrouper le convoi et pour que les organisateurs prennent nos impressions. Ils sont heureux de voir notre très haute satisfaction sur cette journée sportive! Je donne un 12 sur 10 à l’organisation, notamment pour avoir eu l’audace de mener la danse avec une telle allure, une telle sportivité en courbe. Nous n’avons pas atteint de très hautes vitesses, mais avons pu profiter des courbes à notre guise.

 

Bon, on continue, pour finir la montée, au même rythme! A ce moment, les pneus de la 911 disent « pouce ». Ils sont surchauffés, bien que la pression n’ai pas montée énormément. Les gommes sont trop chaudes et sans même regarder, je reconnais les Pirelli (je n’ai pas pensé à vérifie ensuite!). La voiture glisse plus et les pneus donnent un peu moins de précision au pilotage. Il fait dans les 30°C et cela n’arrange rien.

En haut, nous descendons vers la Laguna, à une allure un peu plus tranquille, jusqu’à un bar en plein dans les pins canariens, où nous nous désaltérons autour d’une table pour échanger nos (très bonnes!) impressions. De 25 à 55 ans, nous sommes tous des grands enfants, heureux, sourire béa, la passion de l’automobile sportive au corps.

Je ne vous parlerai pas de la qualité de l’intérieur ni de la finition: elle est excellente mais ce n’est pas important pour moi. Voyez les photos… Oups! Je n’ai pas de photo de l’intérieur de la 911. Idem pour le système audio/GPS/paramétrage de l’auto. D’autres essais en parlent. Je suis un spécialiste du pilotage. 🙂

 

PORSCHE Boxster 718 S

Après cette pause, je prends les commandes du Boxster 718 S (350 ch à 6.500 tr/mn, 2,5L turbo avec géométrie variable, moteur central arrière) (718 qui correspond au 981 phase 2). Après les 450 ch du flat 6, je pensais trouver le flat 4 un peu terne, mais non!!! Et là ce trouve la 2e grande surprise du jour: le moteur de la 718 S est fabuleux! Il pousse, il pousse et il pousse encore mais en plus, le lag est réduit, il réagit plus rapidement que le biturbo de la 991 GTS et offre plus de brio tout en haut du compte-tours, jusqu’à plus de 7.000 tr/mn! Je sens nettement que ce moteur a fait l’objet de grands soins de la part de ses concepteurs. Ils ont dû se dire: « Bon, on enlève 2 cylindres, mais on se décarcasse pour en faire un moteur fabuleux! ». Et ils ont réussi, avec brio. Bravo.

Franchement, les 100 ch de moins que la 991 GTS ne sont pas flagrants-flagrants en montagne. La 718 est plus légère que la 911 Cabrio.

Son seul défaut: le bruit est moyen. Mais aux commandes et avec un tel brio, le bruit est vite pardonné. Plus tard, avec 37°C à l’ombre, je ferme la capote et là, le bruit est encore plus « moyen ». On entend plus le moteur que l’échappement et ce moteur fait un peu bruit de tondeuse à gazon… Désolé, c’est juste mon avis.

M’enfin globalement, ce 718 enchante! Brio moteur, brio moteur, brio moteur (j’en bégaye!) et le châssis est dans la pure lignée du 981: facile, intuitif, efficace, agréable, sécurisant. Encore un peu meilleur que le 981. On fait corps avec la machine, encore un poil plus qu’avec la 911 GTS, c’est peu dire! Par rapport à cette dernière, on pourrait dire qu’on se fait un (tout petit) peu moins plaisir car le 718 est très (trop?) facile alors que la 991 GTS demande un peu plus de travail à son pilote en courbe et du coup, on a ce petit plus de plaisir pour « travail bien fait question pilotage ». Mais c’est une question de sensations et de toutes façons, nous avons là 2 voitures exceptionnelles. Peut-être qu’un pilote chevronné verra ce petit plus de plaisir donné par la 911 et qu’un pilote moins aguerri se fera finalement plus plaisir avec le 718? A chacun de tester…

Le châssis du 718 S est très bon mais il ne pousse pas jusqu’à l’incroyable excellence de la 991.2 GTS! L’écart de prix fait qu’on ne s’en étonne pas…

Au sujet de la route, nous remontons par où nous venions de passer, pour suivre ensuite vers le Teide (route à 2.300 m d’altitude) puis bifurquer à droite al Portillo pour descendre vers la Orotava. C’est courageux de la part des organisateurs car cette route est relativement bosselée. Ils ont confiance dans la polyvalence des voitures…et ils ont raison. Je repasse la suspension en mode normal et le confort est raisonnablement bon, tout en permettant toujours de jouer en courbe. De toutes façons je n’ai jamais aimé attaquer sur les bosses, c’est une question de respect de la voiture. Pour moi, les bonnes routes sont là pour le sport et les mauvaises routes sont pour rouler plus cool et profiter du paysage.

 

Epilogue

Le temps passe, les kilomètres également. Nous arrivons en bas: autoroute durant un 20aine de minutes et nous voici de retour au CP. Partis vers 10h30, il est maintenant 14h. 3h30 de pur plaisir automobile au volant de 2 voitures magiques.

Nous échangeons nos impressions autour d’un petit buffet bienvenu (dans le CP) car il est presque 15h et nous n’avons pas mangé. Je demande où est le bon de commande (rires). On nous remet une miniature de 911 « Porsche Museum 1965 ». Miguel lui même (le boss) me ramène en Macan S à ma Mazda MX-5! 🙂 En fait non: mieux, il me tend les clefs du Macan S pour que je conduise. Il faut faire un grand tour du patté de maison. Le Macan est haut, lourd et se dandine sur les bosses, tout S qu’il soit! Vive les vraies sportives!

Mon bilan final: j’ai passé une journée bien plus émouvante et agréable que je ne l’espérais (sachant que nous allions rouler en groupe encadré). Chapeau à l’audace des organisateurs en cette époque moralisatrice du Code de la Route. La 991.2 GTS a un châssis absolument incroyable et le Boxster 718 S bénéficie d’un moteur « polémique » (4 cylindres, bruit de Subaru) et pourtant épatant et fabuleux!

Les défauts de ces 2 Porsche sont: le prix (avec les bonnes options) et la difficulté à freiner ses ardeurs au volant. Difficile en effet de rouler tranquillement avec ces monstres d’efficacité.

Sur l’organisation, je mets 12/10, je donne 9/10 à la 991.2 GTS Cabrio et 9/10 au 718 S.

N’hésitez pas à laisser vos commentaires ou à poser vos questions. merci.

 

Je vous propose cette galerie de 23 photos, puis 2 vidéos d’environ 7′ chacune (voitures décapotées, GoPro à l’intérieur du pare-brise):

 

Porsche 17-08-2017

 

Ces vidéos ne sont pas répertoriées pour des raisons de sécurité. Prière de ne pas les diffuser ailleurs. Merci.

 

Ces vidéos ne sont pas répertoriées pour des raisons de sécurité. Prière de ne pas les diffuser ailleurs. Merci.

Ces vidéos ne sont pas répertoriées pour des raisons de sécurité. Prière de ne pas les diffuser ailleurs. Merci.

 

Lisez la suite dans « Retour à la Corvette C7 après 180km en Porsche 911 GTS et 718S« .

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4 commentaires sur “Essai détaillé Porsche 991.2 GTS et Boxster 718 S le 17-08-2017

  1. Comme toujours quel plaisir de te lire ! Merci. Serais-tu susceptible de recraquer pour une Porsche après cet essai ?

  2. Il y avait longtemps que nous n’avions pas eu le plaisir de revoir les routes du Teide avec toi au volant d’une Porsche ! Bravo !

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