Premier bilan Corvette C7 après 300 km 14-12-2016

Waou – Waou – Waou ! comme dit Chris Harris. 🙂

J’ai roulé cette nuit (15/12/2016) avec ma Corvette Stingray C7, de 3h30 à 7h du matin!
200 km de petites routes sinueuses horizontales + un col + 30 km d’autoroute.

J’ai répondu à la question la plus importante qui me taraudait depuis la décision d’acquérir une C7: « Va-t-elle être adaptée à mes routes?! » La réponse est évidente à présent que je l’ai mise en situation réelle sur mon île (Tenerife): « OUI! Oh que OUI! »

La voiture est un bloc: rigide et stable, même sur les bosses, en courbe ou en ligne droite, au freinage ou à l’accélération. Mais elle croque aussi les virages – même serrés – avec une aisance étonnante, pour le peu qu’on ait pris soin de paramétrer la direction sur « Sport » (la « track » est un peu trop ferme à mon goût).

Il semble que le sous-virage n’existe pas?! Bon, il faudra voir de jour, avec plus de chaleur. La répartition des masses 50/50 est bien agréable, même si on sait que d’autres répartitions donnent aussi de bons résultats et de bons plaisirs de pilotage.

La simple répartition chiffrée ne dit pas tout: je pense que l’endroit où sont les principaux kilos a son importance et bien sûr le centre de gravité! Avec le moteur Avant « reculé » mais la boite+pont à l’arrière, il y un poids « certain » sur chaque essieu.

Avec un moteur central arrière (Boxster/Cayman) ou en porte-à-faux arrière (911), il faut freiner dans chaque entrée de virage en conduite sportive ou semi-sportive, même en montée. Mais avec un moteur central Avant, ceci n’est plus nécessaire qu’en conduite très sportive. En conduite simplement dynamique (semi-sportive), il n’est pas nécessaire de freiner en entrée de courbe et à l’usage, c’est reposant car on n’est plus obligé de changer de pédale à chaque virage. 🙂

Cela va faire sourire certains, mais regardons l’exemple de ma balade de ce matin: 200 km de courbes incessantes et « terribles » car il s’agit de Tenerife, île 100% volcanique au relief « agressif ». J’estime à 3 virages tous les 100m, cela fait un total de 6.000 virages sur ma petite balade de ce jour!

Là, vous souriez déjà moins!?

Donc bref, un grand plaisir avec la Corvette de pouvoir faire comme avec ma Mazda MX-5: enrouler les courbes en mode dynamique sans freiner à chaque virage.

Sur la « vieille route » (c’est son nom car elle date d’avant l’existence de l’autoroute), j’attendais la C7 au tournant (jeu de mots facile), craignant qu’elle ne soit pas adaptée à ça: virages sur virages avec une ligne droit de 80m de temps en temps, gravillons, petits villages et hameaux et surtout « barrancos » (ravins) à traverser tous les 500m, avec souvent un pont étroit et en virage!

Et bien ma surprise a été grande lorsque j’ai trouvé (rapidement) le mode d’emploi: en 4e, de 800 à 2.000 tr/mn le V8 ronronne en propulsant la voiture de 35 à 80 km/h et c’est parfait! Je ne rentrais la 3 que pour certains ponts très étroits et très courbes. A ce régime et malgré de bonnes relances, la consommation reste raisonnable: environ 12-13L/100. Je précise que cette route est plus ou moins horizontale.
Une autre grosse « question inquiétante » était de savoir si j’allais aimer rouler sans le toit (mode targa)…car on lit ici et là qu’à partir de 110 km/h, il y a des bruits d’air. Et bien sur cette route, on ne dépasse que rarement les 100 km.h donc parfait. J’ai testé ailleurs à haute vitesse: c’est très supportable, du moment qu’on apprécie la nature et n’essaye pas d’écouter la musique en même temps. Après c’est sûr, ce n’est pas pour faire 500 km d’autoroute, ce mode Targa…

Pour moi, les avantages du mode Targa sont importants:
– J’ai pris goût depuis 2014 à rouler « cheveux au vent » presque tout le temps et cela me permet d’avoir plus de sensations à vitesse égale, de mieux sentir la nature, écouter les oiseaux en passant (parfois)…
– Sur la C7, il y a moins de bruit d’échappement « raisonnant » (qu’avec habitacle fermé) et l’on profite plus des vocalises externes, tout en douceur. C’est moins agressif qu’en décapotable où l’on a parfois l’impression d’avoir l’oreille trop près des échappements (même si pour un moment, on adore!).
Ce V8 distille déjà un Vrrrouuuu très sympathique dès 1.600 tr/mn!
Troisième question: la consommation d’essence. Vous me direz qu’on ne s’occupe pas de conso avec une super-sportive, mais je trouve que cela a son importance, tout de même, surtout que je roule énormément.

– Moyenne sur 300 km: 14L/100 km.
– « Vielle route sinueuse horizontale »: 12-13L/100.
– Montée de col à l’attaque (3e rapport prioritaire): 37L/100 de moyenne sur la montée! Là, évidemment, si on envoie du pâté à 5 ou 6.000 tr/mn cela consomme et c’est normal. Un 6,2L de 466ch, il faut bien le nourrir.
– La même montée de col en conduite dynamique (virages idem mais 4e rapport prioritaire et moins de pied à fond): 22L/100 de moyenne sur la montée seule.

Donc je retombe sur des consommations évidemment plus importantes qu’avec la MX-5 (7L!) mais inférieures de 4L en moyenne au Boxster 981 GTS de 3,4L. Sans doute parce qu ce dernier m’incitait/obligeait à rouler plus haut dans les tours.
Quatrième question: pourrais-je rouler un peu plus cool avec la Corvette qu’avec mon ex Porsche? (avec laquelle j’en étais totalement incapable) Il est encore un peu tôt pour l’assurer, mais pour le moment la réponse est positive. Le bruit du V8 est plus velouté/chantant qu’agressif, le couple à tous les régimes permet de se faire plaisir sans monter dans les tours et la boite méca (+ un peu « lourde » à manier) incite moins à l’attaque que la PDK.
Comme vous avez lu au chapitre conso ci-dessus, j’ai donc déjà poussé la voiture dans ses (presque) derniers retranchements en montagne (en conservant l’ESP), sur une montée de col que je connais par cœur… Alors, alors!? Un gros paquebot, une sportive équilibrée ou un kart inconduisible?! La réponse est sans appel: la Corvette C7 Stingray pack Z51 équipée des Michelin PSS est une vraie sportive, équilibrée, rassurante, efficace et sûre.

Vous me direz qu’avec l’ESP, c’est facile! Soit, même il n’intervient que sur les grosses accélérations très tôt en sortie de virage. Pour le reste, les transferts de poids sont réduits et très très sains! La voiture vire à plat, c’est assez incroyable. Elle plonge un peu sur les freinages violents mais elle vire à plat! Les transferts de charge en virages sur les bosses sont très sains. Il y a juste ce qu’il faut comme « sport » pour donner du plaisir. Et quel bruit de 4 à 6.000 tr/mn!!! Le V8 entonne un chant qui va vers les aigus mais en « velouté », sans agresser l’oreille comme le fait un moteur « flat-plane ». Bon, les goûts et les couleurs…

La direction en mode « Sport » (mais le reste en « Sport » ou « Track ») renvoie un feeling précis (merci aussi les Michelin PSS, très forts sur ce point), une consistance un peu à l’ancienne (du temps des assistances hydrauliques). C’est fabuleux! Avec mes 6.000 virages de ce matin, vous pensez si j’en ai profité!!! Smile

La voiture se place au millimètre et même si un virage se resserre plus que prévu, elle ne rechigne jamais à rejoindre la corde. Le gabarit de l’auto pourtant non négligeable (4,49m pour 1,877m) ne se ressent pas le moins du monde. Alors oui, ce n’est pas une MX-5, mais la C7 n’est pas plus lourde à mener qu’une Boxster GTS 981.

Le comportement est très naturel, sans artifice. Le placement de l’auto apporte donc le plaisir de « faire du bon travail » car il faut s’appliquer un peu. Un bon compromis entre « facilité » et « plaisir de piloter ».

La tenue du siège sport (non « compétition » mais simple « sport ») est très bonne (une fois réglé appui lombaire et maintiens latéraux). L’assise à la fois moelleuse et ferme participe d’ailleurs au feeling du châssis et au plaisir de conduite.
Vraiment, Chevrolet a fait très – mais alors très! – fort sur la conception et la mise au point de cette Corvette 7e génération!

J’ai encore plein d’autres qualités mais je les garde pour plus tard… 🙂
Allez, passons aux défauts, à présent!

La console centrale interdit le pilotage mains à 9h15 fixes sur le volant! Le coude droit ne peut pas passer la console sans cogner. Comme je suis en boite méca, cela ne me gène pas car je maintiens plus ou moins les mains à 9h15 ou 10h10 par rapport à la caisse (et non par rapport au volant). Mais je me demande comment font ceux qui ont opté pour la boite auto BVA8 et souhaitent utiliser les palettes solidaires du volant?! C’est difficile, en tous les cas avec une position de conduite typée rallye/piste, c’est à dire bras fléchis. Sur mes Porsche, c’était tout à fait faisable… Avec un volant réglé plus loin du corps, cela doit passer. Peut-être ai-je de trop grands bras?! 🙂

Il manque un bouton pour fermer/ouvrir facilement les valves des échappements. Si on laisse faire les valves avec les modes de conduite, les modes « Tourisme » et « Sport » ne bénéficient plus assez des vocalises et si on paramètre comme moi (ouvert tout le temps), il manque ce bouton pour fermer de temps à autre (voisins, ville, autoroute, police…).

Le seuil du coffre très haut interdit d’y monter ou de mettre un genou, donc il est difficile d’accéder au fond du coffre, sauf à passer par l’intérieur et rabattre un siège. Mais nous sommes sur une sportive, donc ceci n’est qu’un détail.

Même si l’électronique est assez complète, ils auraient pu proposer des écrans complets type conso, tableau de bord général, etc. sur le grand écran central. Là, il faut jouer avec les flèches sur le volant pour faire défiler « Conso instantané et autonomie », « Conso moyenne trajet A », « …trajet B », temp. pneus, etc. Existe-t-il des applications tierces parties que l’on peut installer?! (chez Mazda, cela existe).

La voiture dégage beaucoup de chaleur, partout. Je demande à voir en été… Même les clefs rangées dans la console centrale étaient chaudes ce matin. Heureusement, la clim est très puissante!

Bon, mais ce sont des « broutilles », tout ça.

Cette Chevrolet est globalement une sacrée réussite, qui n’a plus à rougir face aux meilleures européennes (même concernant la finition, qui a fait un bon entre la C6 et cette C7 et se rapproche de Porsche sans toutefois l’égaler).

Photo Corvette Stingray C7 Z51

Lisez la suite dans « Usage Corvette en mode daily« .

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